Le Conseil fédéral a approuvé le 9 septembre 2026 le neuvième rapport de la Suisse sur l’application de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Le document revient sur les mesures prises entre 2022 et 2025. Il met notamment en avant l’aide apportée à l’italien et au romanche, y compris lorsque ces langues sont pratiquées loin de leurs régions d’origine.
Cette extension s’appuie sur une modification de la loi sur les langues décidée en 2024. Les dispositions de l’ordonnance correspondante sont entrées en vigueur le 1er janvier 2026. Elles permettent à la Confédération de soutenir des projets culturels et éducatifs destinés, par exemple, aux enfants et aux jeunes italophones ou romanchophones qui vivent ailleurs en Suisse. Selon l’Office fédéral de la culture, ces aides peuvent aussi servir à maintenir les compétences linguistiques et à encourager l’usage quotidien des deux langues.
Le romanche occupe une place particulière dans les institutions. Comme l’allemand, le français et l’italien, il est une langue nationale. Il a également le statut de langue officielle dans les relations de la Confédération avec les personnes de langue romanche. La Chancellerie fédérale précise que les cinq idiomes régionaux peuvent être utilisés pour s’adresser aux autorités fédérales, tandis que les publications fédérales en romanche sont rédigées en rumantsch grischun.
Le rapport aborde également le francoprovençal et le franc-comtois, reconnus depuis 2018 comme éléments du patrimoine linguistique suisse. La Confédération mentionne par ailleurs la progression des échanges scolaires : 21’095 élèves ont participé en 2025 aux échanges soutenus par Movetia. Ces initiatives dépassent la seule protection des langues minoritaires et visent à favoriser les contacts entre régions.
Le rapport présente les mesures déclarées par la Suisse dans le cadre de la Charte; il ne constitue pas, à lui seul, une évaluation indépendante de leurs effets. Pour apprécier ce que ces soutiens changent concrètement, il faudra aussi entendre les associations linguistiques, les écoles et les personnes concernées.